Dans la région de Verviers en Belgique, Hervé Reul s’est lancé depuis quelques années dans un projet ambitieux : réhabiliter une ancienne filature d’environ 2 000 m². Il partage avec nous cette aventure qu’il vit avec passion.

Bonjour Hervé, merci d’avoir accepté mon interview. Pouvez-vous vous présenter ?
Bonjour Freg, c’est avec plaisir que j’ai accepté votre interview. En deux mots, je m’appelle Hervé Reul, j’ai 28 ans et j’ai suivi une formation d’ébéniste au cours de laquelle j’ai eu l’honneur de décrocher le Rabot d’or, un prix qui récompense les quarante meilleurs élèves en ébénisterie de Belgique. Aujourd’hui je travaille dans l’entreprise familiale : Reul Frères.

Pouvez-vous m’en dire plus sur Reul Frères ?
Reul Frères est une société spécialisée dans la fabrication de mobilier haut-de-gamme créée il y a plus de 30 ans par mon père, Eric, et mon oncle, Marc. Actuellement, l’entreprise emploie une vingtaine de personnes. Notre force se trouve dans notre capacité à relever des défis, à respecter à la fois le planning et nos engagements, mais aussi à pouvoir concrétiser les idées des architectes avec lesquels nous collaborons.

Quelle est l’histoire de l’usine que vous réhabilitez ?
Forges est une ancienne filature de laine de la famille Tiquet, construite dans les années 1890. Le nom donné à ce projet, Forges, tire en réalité sa source du lieu-dit où il se trouve. Lors de la guerre 14-18, l’usine a été brûlée par les Allemands.

Elle fût ensuite reconstruite, agrandie et transformée de nombreuses fois jusqu’en 1970, date à laquelle la faillite est déclarée.

L’usine est alors passée de main en main. Elle fût employée comme entrepôt par la commune, comme lieu de stockage par une entreprise de mobilier et elle a également accueilli un garagiste. Le dernier propriétaire historique n’ayant pas d’enfant, il a décidé de léguer l’usine à une association. Mais étant donné son état avancé de délabrement, et l’ampleur des travaux à réaliser, l’association décide de la vendre. C’est à ce moment que j’en suis devenu propriétaire, le 30 avril 2013.

Où est située votre usine et quelle est sa surface ?
L’usine est située en Belgique, en Région Wallonne, plus exactement près de Verviers. La surface du terrain est d’environ 3 020 m², dont les deux tiers sont couverts par des bâtiments.

Comment avez-vous découvert votre usine ?
Je passais tous les jours devant en allant à l’école avec le bus. Secrètement, je me disais que ça devait être génial de disposer d’un tel entrepôt.





Usine avant les travaux de transformation en lofts

Lors de l’achat, aviez-vous déjà une idée précise de ce que vous souhaitiez faire ?
Oui, mon rêve était de réaliser des lofts et redonner à l’usine son prestige d’antan.

Vous étiez à la recherche d’un tel projet ou c’est l’opportunité qui a fait l’achat ?
C’est avant tout l’opportunité.

Par quels travaux avez-vous débuté ?
J’ai dans un premier temps décidé de faire les travaux de première nécessité, à savoir les toitures, la maçonnerie, le gros œuvre de manière générale, dans le but de limiter le délabrement.

Et ensuite ?
Mon objectif premier était la remise en état de la maison du concierge pour pouvoir la louer. Ensuite, l’appartement de l’ancien responsable d’atelier de l’usine pour y concevoir un studio, désormais loué aussi. Enfin, la création des lofts. Les travaux du premier loft ont été entamés dans le courant de l’année 2015 et achevés le premier mai 2016, date à laquelle le premier locataire a investi les lieux.

Comment vous y êtes-vous pris pour réaliser les travaux ?
On dit que l’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt. Ce projet m’a demandé, et me demande toujours, énormément d’énergie, de courage et de passion. Pour certaines parties, j’ai fait appel à des corps de métiers, bien que la plupart fût réalisée par mes soins.

Aujourd’hui où en êtes-vous ?
Actuellement je m’attaque aux deux prochains lofts. Ils seront plus grands et avec encore plus de cachet industriel, grâce notamment à la vieille charpente métallique que je restaure. L’un sera loué par mon frère et j’occuperai le second.

Après ces deux lofts vous aurez terminé les travaux ?
Il me restera la cerise sur le gâteau : la rénovation complète de l’ancienne roue à eau, servant autrefois à faire fonctionner les machines de l’usine.

Ancienne roue à eau

NDLR : en bas sur la photo ci-dessus la roue à eau, et ci-dessous la roue dentée qui transmettait la force de la roue à eau dans l’usine. Hervé a installé la roue dentée en décoration dans un des lofts.

Usine pendant les travaux

Quelle ligne directrice avez-vous suivi pour imaginer l’aménagement ?
Mon souhait est de garder un maximum d’éléments d’époque, comme les vieilles fenêtres en fonte, la roue, la charpente métallique… J’ai également détruit ce qui fût construit, ou plutôt bricolé, après la fermeture de l’usine, afin de la retrouver telle qu’elle était lors du dernier jour de travail, pour la partie extérieure évidemment.

Depuis combien de temps êtes-vous dans les travaux de l’usine ?
Cela va bientôt faire quatre ans, et c’est loin d’être terminé.

Quels problèmes avez-vous rencontrés dans la réhabilitation de votre usine ?
Il n’y a pas de problème, il n’y a que des solutions ! Il a fallu que je trouve des astuces pour certains points, mais je n’ai jamais vraiment buté sur un problème. Je ne compte que des bonnes surprises pour le moment, comme la présence de la roue à eau par exemple.

Loft dans une ancienne usine

Loft dans une ancienne usine

Loft dans une ancienne usine

Loft dans une ancienne usine

Garde corps en verre

Loft dans une ancienne usine

Loft dans une ancienne usine

Loft dans une ancienne usine

Loft dans une ancienne usine

Loft dans une ancienne usine

Loft dans une ancienne usine

Loft dans une ancienne usine

Loft dans une ancienne usine

Loft dans une ancienne usine

Loft dans une ancienne usine

Avez-vous eu des moments de doute ?
Ma famille et mes amis doutaient de l’investissement au départ, mais la plupart ne sont plus de cet avis aujourd’hui. De mon côté j’ai toujours été confiant dans ce projet.

Quels conseils donneriez-vous à ceux qui souhaitent se lancer dans l’achat d’une usine ou d’un plateau à transformer en loft ?
D’écouter son instinct, et de croire en son projet, malgré les diverses difficultés qui peuvent survenir tout au long du chemin de la rénovation. Quand on y met beaucoup de passion, les difficultés deviennent « secondaires » et ne semblent pas infranchissables.

Hervé, félicitations et un grand merci d’avoir partagé votre aventure sur Notre Loft.

Vous pouvez découvrir davantage de photos de l’usine sur immoloft.com.

Photos : Hervé Reul (avant les travaux), Brice Reul (pendant les travaux), Christian Charlier (après les travaux)